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Agenda 2012
     
Nicolas ne connaît pas la crise

Nicolas, Barack et Angela
30 avril 2012. D'ici au prochain vote pour les élections présidentielles, il n'y a aucune chance que beaucoup de gens lisent le dernier livre de René Dosière, L'argent de l'Etat, un député mène l'enquête, publié au Seuil en février dernier. Dommage dommage car, après avoir posé pas moins de quatre cent vingt-cinq questions au gouvernement pour établir les comptes de l'Elysée, il en tire la leçon suivante : pendant qu'il réclame aux Français de faire des efforts et de se serrer la ceinture, Nicolas 1er mène grand train ...
    Hors frais de voyage, le président de la République dépense chaque année quatre-vingt douze millions d'euros. Comme ça, ça ne dit pas grand chose, avouons. Sauf que si on compare avec le président des Etats-Unis et le budget de la Maison Blanche, cinquante cinq millions, et la chancelière allemande, quarante et un millions, on commence à se faire une idée du problème ... Le montant exorbitant de cette dépense ne concerne que l'Elysée, il ne tient compte ni de Matignon, ni des autres ministères. Le coût par habitant des dépenses du chef de l'Etat est de un euro quarante quatre en France, quarante neuf centimes en Allemagne, dix sept aux Etats-Unis. Pendant que l'Elysée salarie huit cent quatre-vingt personnes, cinq cent quatre-vingt trois seulement s'affairent à la Maison Blanche et cinq cent vingt sept à la Chancellerie allemande.
    Les frais de voyage sont plus difficiles à comparer puisque le coût de ceux-ci n'est jamais publié aux Etats-Unis. Mais pas en Allemagne : quand Angela Merkel dépense un million et trois cent mille euros, Nicolas 1er en brûle ... vingt, rien que ça. Effarant, le rapport est de un à quinze.
    Le livre paru en février est l'aboutissement d'une enquête d'une persévérance sans précédent. Le 16 juin 2009, en guise de mise en bouche, René Dosière avait rendu public un rapport relatif à l'évolution entre 2007 et 2008 du budget et des dépenses de la Présidence de la République et dénonçait une augmentation de plus de dix-huit pour cent.
    Déjà en 2007 René Dosière s'était fait remarquer au moment de la publication de L'argent caché de l'Elysée, Du Général de Gaulle à Jacques Chirac parce qu'il avait dévoilé que Cécilia Sarkozy utilisait une carte bleue de l'Elysée qui lui avait été spécifiquement attribuée ... et qu'elle a bien vite rendue à l'annonce du scandale. Avec un peu de chance, son deuxième opus tombera dans l'oubli si l'Elysée accueille un nouvel occupant mais on peut compter sur notre député pour le tenir à l'oeil, celui-là aussi : René Dosière, soixante-dix ans, se fait un honneur de surveiller les finances publiques et contrôler les dépenses de la présidence de la République française, gageons que la couleur politique du vainqueur ne lui chaut guère, et c'est tant mieux.
     
Mieux vaut tard que jamais

24 avril 2012. La grande mode ces derniers temps dans notre coin, ce sont les anniversaires d'enfants au bowling. Il n'y a pas si longtemps, c'était un fast food qui avait les préférences de la marmaille et de leurs parents complices mais le vent tourne et, en l'occurence, ce n'est pas plus mal. L'autre jour encore, Sacha était invité. Au bowling. Son grand frère Maxime, vingt-six ans, étant en visite cheu nouzaut' pour le week-end, j'ai proposé que nous restions tous faire quelques parties. Pour moi, c'était une grande première : un demi siècle dans les jambes et jamais une partie de bowling à mon actif, je n'avais jamais joué, de ma vie jamais ..., et j'étais enchanté que mes enfants, les petits et le grand, m'initient à ce loisir plaisant.
    Arrivés un peu en avance, nous tuâmes le temps avec des parties de je ne sais pas comment ça s'appelle les photos sont là-dessous : un palet glisse sur un coussin d'air et les joueurs se le renvoient et tentent de marquer des buts. Puis les enfants invités arrivèrent et Sacha put rejoindre le groupe des marmots conviés à ces agapes et à une partie de bowling.

    Bien sûr, Sacha jouait avec ses copains de son côté mais, ça ne fait rien, nous étions à un souffle les uns des autres.

 
Colin - Sacha, Maxime, Nino

    Après avoir chaussé les semelles obligatoires pour arpenter le parquet, les enfants m'ont expliqué ce qu'il convient de savoir pour ne pas se ridiculiser trop vite. J'ai eu un peu de mal à trouver le type de boule qui correspondait à mes doigts pour un poids idéal mais, une fois cette question réglée, mes scores se montrèrent honorables avec deux ou trois strikes à mon actif. Pour un premier essai, ce fut très honorable.
    J'ai même tenté plusieurs fois de donner un effet à la boule, avec un succès mitigé, de sorte qu'elle adopte une trajectoire légèrement biaisée à l'arrivée sur les quilles - Maxime l'a tout de suite repéré. Pour un archi débutant, j'étais plutôt content de moi.

 
Maxime - Nino

    Evidemment, Maxime fit les meilleurs scores mais voir l'implication et la joie de Colin faisait plaisir à voir. Quant à Nino, j'avais toujours un peu peur qu'il ne parte avec la boule à peine plus légère que lui ... mais, non, il se débrouille comme un chef : il a cinq ans, il faut voir ça, c'est épatant ! Il a bien mordu deux ou trois fois sur la ligne, annulant le score de sa boule, mais il en acceptait l'augure avec une gaieté communicative.


Colin, Nino et Maxime vérifiant l'affichage sur un coup de Nino

    Les deux petits bénéficiaient d'une aide non négligeable : un dispositif leur évitait de voir la boule verser dans la rigole de droite ou de gauche. N'empêche, ils se sont bien débrouillés, le plus démonstratif étant définitivement Nino.
    Bref, nous nous sommes bien amusés et, en récupérant Sacha, nous nous sommes promis de reviendre.


Dans la chambre de Sacha

     
Le bateau prend l'eau

François Hollande et Jacques Chirac à Sarran en Corrèze le 11 juin 2011

19 avril 2012. Le bateau UMP prend l'eau de toutes parts. A quelques jours du premier tour des élections présidentielles, François Hollande engrange les ralliements et les soutiens. Ceux de Martin Hirsch et Fadela Amara ne sont guère une surprise. Celui de Corinne Lepage est plus étonnant, elle est nettement classée à droite, elle a été ministre d'un gouvernement Alain Juppé et, mieux encore, elle est co-fondatrice et, jusqu'en mars 2010, ancienne vice-présidente du Mouvement démocrate, héritier de l'UDF.

    On a beaucoup glosé sur la déclaration de Jacques Chirac à Sarran, Corrèze, lorsqu'il a annoncé publiquement à François Hollande le 11 juin 2011 qu'il voterait pour lui. Simple boutade, non mais quel humour ont crié les chantres de l'UMP. Tellement de l'humour que d'autres membres du clan Chirac, son épouse Bernadette à part, ont récemment annoncé voter Hollande : rien de moins par exemple que son ancien conseiller "communication-opinion", à savoir sa propre fille Claude ; son ancien conseiller à l'Elysée, Hugues Ranson ; la plume de l'ancien homme d'Etat, Jean-Luc Barré qui a expliqué dans Le Parisien le 17 avril : "Chirac est un humaniste, marqué à la fois par la fibre radical-socialiste corrézienne et la dimension sociale du gaullisme. Synthèse qu’il reconnaît aujourd’hui chez le candidat de gauche. (…) Ils ont en commun un attachement aux valeurs républicaines." Et pan sur le bec du président sortant. De là à comprendre que l'attachement aux valeurs républicaines de Nicolas 1er ne va pas de soi non seulement pour Chirac mais aussi pour les chiraquiens, il y a moins long qu'entre deux nanosecondes.
    Au meeting de François Hollande à Vincennes le 15 avril dernier, on pouvait ostensiblement reconnaître dans le public, outre Hugues Renson déjà cité, Laurent Glépin, ancien chargé de communication de l’Elysée, Thierry Rey, ancien compagnon de Claude Chirac et père de son fils, et Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la Culture de 2002 à 2004. Ça commence à faire du monde, pas ce qu'on appelle un épiphénomène : le clan Chirac sonne l'hallali.
    Au delà des faits, l'affaire n'est pas simple à analyser.
    D'abord, ce n'est pas la première fois que le clan Chirac sappe un candidat de droite à défaut de clairement soutenir celui de gauche. Les politologues expliquent volontiers que ce fut le cas en 1981, pure stratégie cynique, l'échec de Valéry Giscard d'Estaing ouvrant un boulevard au RPR de Jacques Chirac : les élections législatives de 1986 contraignent François Mitterrand à nommer Jacques Chirac Premier ministre, créant ainsi la première cohabitation de la Vème République. Coup réussi. Elle fit long feu, cette première cohabitation, puisque Mitterrand fut réélu en 1988 mais on connaît la suite.
    Certains journalistes mettent ces ralliements récents mais démonstratifs au compte de la haine de Chirac et de son clan, Dominique de Villepin inclus probablement, pour Nicolas 1er. C'est un peu court, dit comme ça, car reste à savoir à quoi tient vraiment cette violence de sentiment. Je ne suis pas le dernier à penser que, pour représenter la France, il faut de la grandeur et Nicolas 1er n'en a aucune. Je ne fais pas référence à ses talonnettes mais à son comportement qui, depuis cinq ans, a gravement désacralisé cette fonction essentielle à la tête du pays jusqu'à se donner en spectacle avec une starlette polyandre de seconde zone*, la honte et le ridicule à la tête de l'Etat. Il est vulgaire.
    Cette thèse semble légère toutefois, difficile de croire qu'une partie de la droite s'est convertie à la social-démocratie pour cela. Sauf sauf sauf à penser qu'elle choisit un mal - un mal à ses yeux - pour éviter un pire. Après tout, c'est bien ce que j'ai fait au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2002 en glissant dans l'urne un bulletin Chirac parce que son challenger était Jean-Marie Le Pen ... Un mal - à mes yeux - pour éviter un pire. Ma main en tremblait.
    Le pire, ce n'est pas Nicolas 1er lui même, pauvre clown défait, c'est le modèle de société qu'il veut implanter avec une violence aveugle, et, ce projet, ultra-libéral, américain, anti-gaulliste, rejeté par Chirac, il ne le conduit pas seul depuis cinq ans, il le mène avec une clique complice et affairée, ses ministres, secrétaires d'Etat, affidés, alliés, intéressés, tous ces *#@~*^* que j'espère voir dégommer bientôt.
    C'est bien simple, si au deuxième tour, c'était Sarkozy - Chirac, je voterais Chirac. Encore.

* Les couvertures de la presse à sensation ont montrée Carla Bruni en compagnie de plusieurs personnalités : les chanteurs Louis Bertignac, Mick Jagger, Eric Clapton et Jean-Jacques Goldman, le réalisateur Léos Carax, les acteurs Charles Berling et Vincent Pérez, l'avocat Arno Klarsfeld ou encore l'ancien Premier ministre Laurent Fabius. On lui prête également une relation avec Denis Olivennes avant qu'elle n'épouse Nicolas Sarkozy. Elle confirme ce profil dans diverses interviews et se disait ennuyée par la monogamie : "l'amour dure une longue période, mais le désir brûlant, deux à trois semaines. Je suis monogame de temps en temps, mais je préfère la polygamie et la polyandrie." [Simon Mills, The day Carla Bruni opened the door to me topless, Daily Mail, 24 janvier 2008].

     
Nino et la liberté

16 avril 2012. Ça fait partie des moments merveilleux de la vie. Je ne sais pas, vous, mais moi je me souviens comme si c'était hier de ce jour où mon père m'a appris à faire du vélo, du vrai j'entends, sans roulettes, et pas une draisienne sans pédales. C'était un chemin en craie dans la propriété de mes grands-parents maternels en Bresse, un chemin blanc comme celui-là, et je devais avoir l'âge de Nino ou à peu près. Le vélo était de la marque Pithioud, une entreprise lyonnaise qui existe toujours, à Saint-Priest, Rhône.
    Nino était prévenu, je lui avais dit : au printemps, tu auras cinq ans passés, dès qu'il fait beau, finie la draisienne, finies les balades en vélo dans le siège derrière papa, je t'apprends à faire du vélo. Et ce jour est venu : printemps, beau temps, les conditions annoncées étaient réunies, on a sorti les vélos, on s'est éloigné un peu de la maison, et hop.
    En une heure, la chose étaient entendue. Au départ, forcément, un peu d'appréhension, quelques allers-et-retours dans le chemin, et puis cet événement paradoxal qui fait que Nino gagne en assurance en constatant que je le

maintiens bien et que c'est justement le moment où je commence traîtreusement à lâcher la selle parce que je sens que le mouvement et l'équilibre acquis tiennent l'ensemble debout. Quand j'annonce à Nino que je ne le tiens plus, il s'applique en tirant un bout de langue mais il est heureux comme un pape en Avignon, et fier comme Artaban. Et il pédale, pédale et pédale encore.


Sacha, à droite, encourage son petit frère

    Le vélo, c'est une machine fantastique, je me demande combien de kilomètres j'ai parcourus, quelle liberté, et, encore, je suis un petit amateur de rien du tout, les Vosges, la montée au Haut-du-Tôt, le Théâtre du Peuple cher à Pottecher à Bussang, et puis le Jura aux sources de la Loue avec les copains, la plaine de Bresse et le col de France avec cette chère amie qu'est la solitude, les digues sur les polders, les canaux qui n'en finissent pas, les mouettes sur le pont de Zierikzee et, enfin, Amsterdam avec Joëlle ... On allait partout juste avec du jus de mollets, pour pas un sou, libres.
    Le vélo, ça n'a l'air de rien, comme ça, mais ça n'a rien d'évident : pour concevoir cette belle bête, il a fallu imaginer la draisienne, passer par le Grand-bi dont le diamètre de la roue était alors le seul moyen de démultiplier le mouvement rotatif des jambes avant que ne soit inventée la transmission par chaîne puis - et enfin la bicyclette moderne fut - le pneumatique gonflable grâce à l'ingéniosité de Dunlop et la générosité de la nature qui, elle, produit le caoutchouc - une aventure qui ne fit pas que des heureux, loin s'en faut, j'ai raconté ça le 7 mars 2011.
    Depuis, le vélo s'est amélioré mais il n'a changé ni de nature ni de forme. En gros, c'est le même. Une mécanique à la portée de tous.


Là, c'est parti, Nino ne se rend pas compte que je ne tiens plus la selle

    Le vélo, on pense que c'est universel mais il n'en est rien : il ne relève pas du patrimoine de l'humanité, du tout. S'il est des endroits du monde où l'engin a prospéré comme des topinambours dans un jardin, par exemple la Chine et ce n'est pas un cliché, ailleurs il est inconnu ou quasi et les raisons ne sont parfois pas longues à trouver : essayez de pédaler du côté d'Agadez et on en reparle*.
    Sans y réfléchir vraiment, j'ai longtemps imaginé que tout le monde savait faire du vélo, à part les Touaregs peut-être. Je me suis aperçu tardivement qu'il n'en était rien et que les adultes n'en ayant jamais eu aucune pratique n'étaient pas si rares. Dans mon cadre professionnel, ça n'est même pas exceptionnel : des étrangers certes (Afrique sub-saharienne bien sûr mais pas seulement) mais tout aussi bien des français de souche, comme on dit, des Auvergnats souffleraient le sinistre Hortefeux de ministre mémoire. Certaines personnes n'osent pas l'avouer, comme on cache son illettrisme. J'ai d'ailleurs pensé construire un programme d'apprentissage pour adultes, j'en ai parlé à un de mes collaborateurs éducateur sportif et puis, pressés par d'autres urgences, nous sommes passés à autre chose mais j'ai gardé cette idée dans un coin de la tête pour des jours meilleurs parce que le vélo, on dira ce qu'on voudra, c'est tout de même un sacré moyen de locomotion et, je n'en démords pas, un bout de liberté ...


Toujours en appui, prêt à intervenir au cas où

    Alors, quand je vois mon petit bout de cinq ans à peine pédaler ainsi et tout à coup prendre goût à la fois à l'équilibre obtenu et à la vitesse de son déplacement, aussi mesurée soit-elle en ces débuts hésitants, je biche je biche.


Et voilà le travail, ça tient tout seul !

* En fait, c'est une image car, si la pratique du vélo est peu répandue au Niger, elle s'accroît peu à peu grâce (à cause ?) de l'extension de certains axes goudronnés. Elle reste néanmoins extrêmement limitée ...

     
Eliott et le paon blanc

10 avril 2012. Depuis qu'il le demandait, Sacha, d'avoir son copain Eliott à la maison ... Eliott et lui ne sont pas seulement des copains de classe : ils se sont connus tout bébés et étaient gardés par la même assistante maternelle dans le village. Ensuite, ils se sont retrouvés ensemble à l'école maternelle et désormais à l'élémentaire, en CE1 cette année.
    Bref, sept ans que ces deux-là ne se quittent pas. Et Sacha d'incessamment me demander quand Eliott pourra venir à la maison, demande transmise et réitérée à qui de droit depuis des lustres - et le jour arriva. Bon, pas un week-end avec une nuit comme Sacha en rêvait, ça sera pour une autre fois, mais un mercredi avec un déjeuner et toute une après-midi, ce qui n'est déjà pas si mal.

    Eliott était bien venu à l'anniversaire de Sacha mais il y avait d'autres enfants et le temps était compté, pas la même chose, quoi. Cette fois, Sacha, avec ses deux frères enchantés de cette visite, s'est attaché à faire découvrir son univers dans notre maison, sa chambre, ses jouets, ce qui occupa une partie de l'après-midi.
    Ensuite, le temps étant fort favorable, il s'est agi de jouer dans le jardin puis de montrer les alentours de nos pénates, ils ne manquent pas d'attraits. Et nous voilà partis pour une balade autour de la maison.


Colin, Eliott, Sacha et Nino

    Bien entendu, nous rendîmes visite aux oiseaux de monsieur M**, comme nous les appelons : j'ai déjà eu l'occasion d'en parler ici même à l'occasion, notre voisin, ancien maire du village, entretient une ménagerie ornithologique impressionnante dont nous ne nous lassons pas. Eliott a eu de la chance, le paon blanc lui a fait l'honneur d'une roue et nous avons pu constater que monsieur M** avait récupéré une nouvelle grue huppée, ce qui porte leur nombre à trois. Celle-ci a l'air particulièrement aggressive, elle nous fit une belle démonstration, déployant ses ailes et sautant en l'air pour nous impressionner - c'est un bel animal mais, de façon générale, tous les oiseaux de ce mini zoo sont en nombre et en espèces différentes réellement épatants. A deux pas de notre maison (voir la photo ci-dessous), c'est une promenade appréciée par les enfants et moi.


Le paon blanc fait la roue pour les enfants
Juste derrière, notre maison et ma voiture ...

    Ensuite, les enfants ont bien entendu entraîné Eliott "au bois", comme ils aiment à le dire, et, pour la centième fois, je les ai photographiés dans le saule sur lequel ils crapahutent et grimpent comme des Tom Sawyer. Les visiteurs assidus de ce blog l'ont déjà vu, cet arbre, avec les enfants dedans, plus d'une fois. Il est à craindre que ce n'est pas terminé, tant pis pour ceux que ça chagrine, moi je m'en réjouis.

     
Mante religieuse
7 avril 2012. Il y a des moments, je me demande d'où les pensées de Colin lui viennent. Ce ne sont pas des bons mots d'enfant, à dix ans on n'en sort plus guère, voire plus du tout. Ce sont de vraies pensées, des associations d'idées parfaitement cohérentes, et même épatantes souvent.
    A table, la question de la séparation avec leur mère revient parfois sur le tapis et, même, plutôt souvent ces derniers temps. Sacha aimerait que LE juge, en fait une juge, celle qui a réparti aussi inéquitablement les choses - avec Colin, Sacha se plaint beaucoup de ne pas pouvoir venir assez souvent à la maison ... -, Sacha, donc, aimerait que la juge me permette de revenir vivre avec leur mère. J'essaye tant bien que mal d'expliquer que ce n'est pas possible, à plus d'un titre. Ces instants ne sont pas simples à gérer : comment dire les choses sans mentir, sans travestir, tout en préservant les enfants. C'est un exercice délicat, pour le moins.
    Colin ne s'embarrasse pas de circonvulations. Ecoutant mes explications à une énième question de Sacha mardi soir dernier, il m'arrête : "- Papa, me demande-t-il, c'est toi qui a décidé de partir ?" Je lui explique que, non, c'est sa mère qui a décidé que je devais m'en aller et qui a saisi LE juge pour cela, ce personnage énigmatique qui symbolise tous nos malheurs aux yeux des enfants, ce personnage auquel Colin et Sacha aimeraient bien dire un mot.
    Colin reprend : "- Oui, je vois, maman, c'est une mante religieuse, elle fait des enfants et elle se débarrasse du père."
    Je ne suis pas certain d'avoir encore refermé ma bouche.
     
Dis moi qui sont tes amis, je te dirai qui tu es

Le cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani
et Nicolas 1er

1er avril 2012. Notre monarque bien aimé, Nicolas 1er, a eu une idée lumineuse. En quête énervée de trouvailles de dernière minute susceptibles de sauver sa réélection - car ces fichus français seraient bien capables de le renverser -, son bon ami le cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, émir du Qatar, vient de lui fournir un moyen radical d'alléger le coût de la main d'oeuvre de ce pays, véritable plaie au coeur du capital, une lèpre qui ronge les bénéfices des patrons et les dividendes des actionnaires.
    La nouvelle devrait être annoncée à quelques jours du premier tour des élections présidentielles, le coup de fouet dont notre souverain a besoin pour emporter l'enthousiasme des foules indociles et contestataires.

    On sait que l'émir du Qatar est vraiment vraiment l'ami de Nicolas 1er. Il est immensément riche et notre bien aimé souverain adôôôre les riches. Ce n'est pas pour rien que la chaîne de télévision qatari Al Jazeera, destinataire de la vidéo des tueries perpétrées par Mohamed Merah, s'est empressée d'avertir la police de la réception de ces images plutôt que de les diffuser partout dans le monde. Ce n'est pas pour rien que le Qatar s'est offert le Paris Saint-Germain, qu'Al Jazeera a une agence à Paris, que Zinédine Zidane a soutenu activement la candidature qatarie pour l'organisation de la coupe du monde de football de 2002 (voir mon billet du 24 décembre 2010).
    La famille gouvernante du Qatar est parvenue à réaliser chez elle le rêve de Nicolas 1er pour la France : elle a réussi à alléger de façon pour le moins drastique le coût du travail dans ce si joli royaume et Nicolas 1er compte bien s'inspirer de ce modèle qui a fait ses preuves : la famille Al Thani est riche, très riche, très très très très riche, on n'a pas idée.
    J'ai déjà publié le 24 décembre 2010 cette preuve accablante du laxisme de la justice française à la solde des gauchistes et autres anarcho-syndicalistes, je ne résiste pas à l'envie de la proposer ci-dessous* à ceux qui seraient passés à côté.
    Nicolas 1er compte de bien sympathiques amis.
L'idée lumineuse, inspirée par les méthodes du cheikh et de sa famille, c'est finalement une fois de plus de copier le modèle de Bonaparte, figure que Nicolas 1er révère : lui aussi, en 1802, avait rétabli l'esclavage scandaleusement aboli par les révolutionnaires, ces Mélenchon avant l'heure. Décidément, l'histoire bégaie.
    Le Qatar, après tout, c'est grand comme la Corse.

COUR NATIONALE DU DROIT D'ASILE
Séance du 15 septembre 2009
Lecture du 6 octobre 2009
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N° 627097 devenu 08007574
Mlle H--

REPUBLIQUE FRANÇAISE
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AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
LA COUR NATIONALE DU DROIT D'ASILE
(7ème division)

Vu le recours n°627097 devenu 08007574, enregistré le (...) [etc.]

Considérant que les multiples pièces du dossier (...) permettent de tenir pour établi que Mlle H--, qui est de nationalité éthiopienne, est partie mineure au Qatar où elle s'était vue promettre un poste d'employée de maison ; qu'à son arrivée, son passeport lui a été confisqué et qu'elle a travaillé sans être rémunérée pour la belle-soeur de l'Emir du Qatar, la princesse Al Thani ; qu'elle travaillait seize heures par jour sans bénéficier de congés et était logée et nourrie dans des conditions dégradantes ; que le 4 juin 2007, elle a accompagné la princesse lors d'un voyage en France et a été hébergée dans les propriétés de la famille royale, à Paris ainsi qu'à côté de Deauville ; que le 15 août 2007, elle s'est enfuie de la résidence proche de Deauville avec deux autres employées domestiques éthiopiennes ; qu'elle a été hospitalisée en raison des douleurs et contusions dont elle souffrait, consécutives aux traitements endurés ; qu'elle a porté plainte contre la princesse qatarie pour mauvais traitements et mise en esclavage et a demandé l'asile ;

Considérant que la requérante a été victime de traitements dégradants et réduite à la condition d'esclave ; qu'elle a porté plainte contre son employeur ; que cet employeur étant membre de la famille royale qatarie, il dispose d'une influence et d'une autorité de nature à lui faire craindre avec raison d'être exposée, en cas de retour en Ethiopie où elle a été recrutée à travers une agence de placement qui connaît sa famille et serait en mesure de la retrouver aisément, à de tels traitements inhumains et dégradants sans pouvoir se prévaloir utilement de la protection des autorités éthiopiennes ; (...)

DECIDE

(...)

article 2 - Le bénéfice de la protection subsidiaire est accordée à Mlle H--

(...)

* Que ceux qui doutent de la véracité du fac-similé ci-dessus me demande une copie du jugement, je me ferais un plaisir de leur adresser, ou, mieux, qu'ils demandent à la CNDA.

     
Agenda de mars 2012
 

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